Titre 6

Amandine Lamand est une artiste textile belge diplômée et lauréate de l'Académie royale des Beaux-Arts (Bruxelles) en 2011 qui place ses activités sous l’égide de CAÈS, une entité recouvrant un travail entre art et artisanat. 

Au cœur d’une pratique plurielle où s’entrecroisent les techniques telles que le tissage, la broderie, la peinture ou encore la céramique, il peut se lire un résultat plastique d'investigations intimement liées aux gestes et à la recherche du lien. Amorcés par la relation particulière qu’Amandine Lamand entretient avec l’idée de structure et des limites du cadre, ces entrecroisements s’insèrent dans un processus d'une création plastique libre.

 

Subtilement, le fil se joint au textile, au papier et à la porcelaine tout en jouant d'improvisations détachées d’une vocation utilitaire explicite. C’est ici qu’Amandine Lamand voit naître ce qui se révèle comme les enjeux de sa pratique. Les possibilités en deviennent multiples. Le caractère transversal du textile la conduit à l'inventer dans les domaines de l'art et à l'engager vers d’autres mises en formes parfois proches du bas-relief. La surface s'épaissit telle une architecture d'entrelacements pour devenir « matière vivante ». 

Le blanc, couleur de fond, de base manifeste un intérêt dans l’œuvre d’Amandine Lamand. Cette surface de base n’est là que pour être mieux rehaussée par des couleurs venant en touches disparates. Franche ou subtile, la couleur prend la forme d’un point ou d’un trait qui se succède jusqu’à obtenir une forme, puis une autre. Une attention particulière pour le détail, parfois infime. Une véritable influence sur l’esprit créateur d’Amandine qui ne cesse de se focaliser sur un espace restreint. Un point plus un autre point provoquant des mélanges complexes et irréguliers. Jouer avec les contrastes, les combiner, les contrarier pour faire jaillir une nouvelle matière où toutes les formes composées parviennent à se coordonner. En quelque sorte, c’est une logique de déviations graphiques entre un blanc et des marques plus vives.

 

C’est dans cette dynamique que son travail s’articule sous l’ordre de l’instinct. Quand l’intuition guide le geste effaçant toute forme de méthodes pour mettre en évidence tout ce qui n’est pas fondamentalement quantifiable, comme la charge émotionnelle qui peut nous guider dans la création, ou encore, lorsque les sensations accumulées se libèrent. La transposition textile imprégnée de nos connaissances tente de les décloisonner pour s’inscrire dans la multitude du contemporain. Place à l’émotion visuelle et à ses observations qu’elle suscite. Des nuances et des images mentales, inconstantes, aucunement préformées qui se métamorphosent pour en confectionner une trame. L’esthétique de l'œuvre prend alors forme dans l’instant et s'adapte aux circonstances, introduisant des modifications, des imprévus. Les variations peuvent prendre place. Des mouvements aléatoires et indéfinis se répètent et se croisent. L’acte de faire s'inscrit progressivement dans un espace presque méditatif. Le temps est indéfini et dense ; relié à l’état affectif, il devient un élément créateur. 

 

Le textile qui s’ouvre vers de nouveaux terrains d’expérimentation fait naître un nouveau langage qui permet d’accéder à l’exploration d’une certaine intimité. Notre regard face aux rencontres des procédés se questionne alors. De ces entremêlements, naissent des résonnances qui génèrent des effets visuels troublants et une polysémie de perceptions. Les œuvres en deviennent presque contemplatives. C’est le choix de la complexité dans les possibilités de créer le lien pour atteindre, si possible, un rapport d’équilibre magique.

Changement de direction. Par ailleurs et conjointement, elle choisit d’investir l’espace public en proposant des installations performatives collectives/individuelles tels que Tisseurs ou Fragment.air. Se détacher d'une structure confortable en se confrontant au temps et aux circonstances telles que les matériaux, l'espace mais également la réceptivité des non-initiés. L'armature se façonne ensuite dans le paysage par des entrecroisements simples, un plan vertical qui est alimenté par une trame contraire. Répéter l'unité fondamentale dans le processus pour prendre l'allure d'une surface pleine. Par un aspect élémentaire, la réflexion porte sur le rapport entre l'espace et le corps et, dans le cas de Tisseurs, elle est nourrie par la création potentielle de liens humains autour d’une réalisation artistique commune. 

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